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3.OpenData

Cinq idées reçues sur l'Open Data

 Cinq idées reçues sur l'Open Data 

Lors des journées Open Data du Groupe Keolis (@groupekeolis), Coline et Bertrand (@bbilloud) ont réalisé une présentation portant sur l’Open Data et les nombreux a priori suscités autour de ce sujet. Dans cet article nous allons tenter de lever le voile sur les préjugés les plus répandus autour de l’Open Data.

Idée reçue n°1 : l'Open Data transport ne sert qu'au calcul d'itinéraire

Mais pas que !

Car au-delà de cette fonctionnalité, les données de transport public peuvent être utilisées dans de nombreux secteurs comme l’immobilier, le tourisme, ou encore l’aide humanitaire. La combinaison de ces jeux de donnés constituent ainsi les piliers de la smartcity.

Creativ Fabrik est une agence digitale qui a réalisé un prototype pour le compte de la FNAIM afin de combiner les données de l’immobilier avec celles de transport.
Cette solution permet de définir la zone idéale de recherche d’un appartement, en prenant compte à la fois des critères de choix immobilier mais également le temps de transport domicile-travail. Créativ Fabrik, utilise le service navitia.io (@navitia) pour réaliser cette carte interactive.

Idée reçue n°2 : la donnée transport ne peut être produite que par des transporteurs
 
Bien sûr que non ! 

Les transporteurs sont certes les principaux producteurs de données transport mais d'autres acteurs génèrent aussi des données sur ce sujet. Des applications invitent les utilisateurs à " sourcer " des données qui seront par la suite collectées puis réutilisées par les voyageurs.

C'est le cas de l’application Strava (@Strava) qui offre la possibilité à une communauté de sportifs (principalement des coureurs ou cyclistes) de partager leurs performances avec d’autres athlètes.
L’application récolte de nombreuses données sur les déplacements des citadins, qu’elle redistribue par la suite aux collectivités locales. D
ésormais celles-ci peuvent être exploitées par les urbanistes pour anticiper les aménagements nécessaires dans une ville.
Engager et accompagner sa communauté de réutilisateurs autour de ses données permet de créer de nouveaux produits ou services.

 
Screenshot de l’application Strava

Idée reçue n°3 : Open signifie ouvrir tous ses jeux de données

Pas nécessairement ! 

Il existe deux types d'ouverture de données : 
  1. Une ouverture de manière échelonnée,

  2. Une en restreignant les droits de réutilisation.

Suite à la Loi Macron tous les réseaux de transport auront l’obligation de fournir aux citoyens certaines données à savoir :

  • Le nom et la localisation des arrêts, 

  • Les horaires planifiés et en temps réels aux arrêts,

  • Les tarifs publiés à l'avance ainsi que les données tarifaires contenues dans les conventions de service public, 

  • L'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite des arrêts,

  • Les évènements constatés sur le réseau de nature à affecter la bonne réalisation du trajet comme les retards  ou les annulations

 
Idée reçue n°4 : L'ouverture des données s'arrête à leur mise en ligne
 
Grossière erreur !

Au-delà de la simple publication de données, l'accompagnement et l'engament d'une communauté autour de la réutilisation de données ont comme objectif commun la création de services ou de nouvelles solutions. 

Kisio Digital propose un service nommé navitia.io (@navitia) permettant de rendre facilement accessible des données de transport pour en favoriser la réutilisation. Cette API offre des services de mobilité tels que le calcul d'itinéraires, la recherche d'horaires ou les prochains passages,...

Pour faciliter sa réutilisation et interagir avec la communauté, Kisio Digital propose : 

 
Idée reçue n°5 : Il n'y pas de ROI pour l'Open Data transport
 
Faux !

Si aujourd’hui les ROI directs sont encore difficiles à identifier, l’Open Data engendre des ROI indirects non négligeables.

Le gain d’économies d’échelle grâce à l’externalisation de la production de services innovants

Selon le rapport « The value of Danish data 2010 » l'autorité responsable des noms de rues et adresses au Danemark a évalué les bénéfices financiers lié à l'ouverture gratuite des données à 62 millions d'euros, 48 créations d'entreprises et 90 emplois. Que ce soit le budget nécessaire au service, le coût unitaire de la donnée, le personnel nécessaire à la gestion de la donnée en interne ont fortement diminué.

Le « crowdsourcing » des données

Mettre ses données en Open Data c’est aussi permettre d’enrichir et d'améliorer ses propres données. Pour compléter ses données concernant les équipements accessibles aux PMR dans les gares du réseau Ile-de-France, SNCF Transilien a conclu un partenariat avec OpenStreetMap (@OSM_FRet la Junior Entreprise de Telecom SudParis (@TelecomSudParis) pour cartographie et géolocaliser ces équipements sur les différentes gares du réseau. Depuis on compte 381 gares cartographiées et 39 600 données  « crowdsourcées » et publiées en Open Data.

L'image

En partenariat avec OpenDataSoft (@opendatasoft), l’agglomération de Rennes Métropole (@RennesVilleMétropole) et Keolis Rennes (@starbusmetro) ont lancé leur plateforme Open Data : Star Data Explore. Cette plateforme de mise à disposition intelligente des données du réseau STAR a pour objet de mettre en oeuvre la co-construction des futurs services d'information digitalisés du STAR grâce à la participation de tous. 

Outre les services et applications déjà existantes, l'agglomération a su capitaliser sur cette image de pionnier en la matière, en étant la première en France à proposer un tel service. 

 

En conclusion, au-delà de l’aspect juridique, les acteurs concernés par l’ouverture des données ont tout intérêt à participer activement à l’animation de l’écosystème numérique local en soutenant les initiatives et en promouvant la réutilisation des données de mobilité.

L’Open Data constitue une véritable opportunité de co-construction, aux côtés de nombreux acteurs économiques comme des Universités, des Centres de recherches ou encore des citoyens. De cette co-construction émane de nouveaux services et innovations au plus près des besoins des des collectivités et de leurs citoyens, et la possibilité de relayer plus largement les offres de transport.

Par Stecy Margotonne , le 23 February 2016